Pour les enseignants, il est temps de passer des commandes pour l’année scolaire à venir, d’écrire la célèbre liste des fournitures qu’ils donneront aux familles dès le début de l’école.
Pour les parents, le contenu du kit de trot de leur enfant peut déjà être dans un coin de leur tête.
Voici des conseils d’outils de script testés et approuvés par les étudiants de l’entreprise.
Au début de la maternelle
Taille du crayon
Au début de la maternelle, mieux vaut éviter les gros feutres ou les craies épaisses. Leur format incite à une prise palmaire et limite la mobilité du pouce, indispensable pour apprendre à écrire. Pour les temps de dessin libre, essentiels au développement, il est préférable de ne pas proposer de crayons ou stylos trop massifs. Les feutres triangulaires offriraient une bonne alternative, mais ils restent difficiles à dénicher et coûtent cher.
Un collègue, Laurence Pierson, a repéré sur le blog d’une maman une scène parlante : une toute-petite section, deux ans et demi, manipule très bien un feutre fin, mais dès qu’on lui met en main deux feutres larges, la prise palmaire surgit d’instinct.
On trouve dans le commerce, ou on peut bricoler soi-même avec du plâtre, des supports pour feutres bien pratiques.
Capuchons en feutre et latéralisation
Prenons un détail qui a son importance : le capuchon du feutre. Souvent, l’enfant l’enlève avec sa main dominante. Si la latéralité est déjà bien installée, il bascule l’outil dans l’autre main pour dessiner. Mais si l’indécision subsiste, il risque de continuer à tenir le capuchon du côté dominant et à tirer avec l’autre main… Ce genre de petit geste peut tromper l’adulte et faire croire, à tort, à une préférence manuelle qui n’est pas la bonne.
Un système simple règle le problème : fixer les bouchons à l’envers sur un support. L’enfant attrape ainsi le feutre en le retirant de son socle et le range de la même façon. Stockés pointe vers le bas, les feutres sèchent moins vite, l’enfant a les deux mains disponibles, et il ne peut pas oublier de fermer le feutre.
Les débuts de l’écriture : GS et CP
Poignée 2001 de Faber-Castell
Lyra Rainure mince
Stabilo Easy Graph (rouge droitier et gaucher)
Staedler
Bic
Bic Matic Confort Original
Pour l’apprentissage de l’écriture, le crayon reste le plus adapté. Il offre une bonne prise en main, permet d’effacer en cas d’erreur (selon les classes, l’enfant peut le faire lui-même ou l’enseignant garde la gomme), ne fait pas de taches d’encre et ne bave pas.
Le choix du crayon ne doit rien laisser au hasard. Un modèle rond favorise le glissement des doigts, certains enfants se retrouvent avec les doigts sur la mine. Un crayon trop gras laisse des traces si la main frotte la feuille, trop sec il marque faiblement, voire peut trouer le papier. Mieux vaut miser sur des crayons robustes, avec un corps triangulaire et une mine HB bien équilibrée.
Le porte-mine a aussi ses atouts. Celui de Bic, doté d’une zone grip, rend la préhension plus facile et ses deux couleurs aident l’enfant à bien placer ses doigts, ni trop proches, ni trop loin de la mine. Sa fragilité apprend aussi à doser la pression.
Les crayons hexagonaux, plus simples à tenir qu’un cylindre lisse, restent moins ergonomiques que les triangulaires. Puisqu’on attend de l’enfant qu’il tienne le crayon avec trois doigts, pouce, index, majeur, le format triangulaire s’impose naturellement.
Ecriture actuelle : de la fin du CP au CM2
Dès que le geste est bien acquis, il faut repenser l’outil. Le crayon peut rester le partenaire de l’élève jusqu’à la fin du CP, parfois au-delà, surtout sur les cahiers Seyes 2 mm. Quand les réglages sur la ligne sont en place, la question de l’outil d’écriture se pose à nouveau.
Dans ma classe, chaque élève qui présentait deux pages impeccables sur son carnet du jour obtenait un bon pour stylo : une petite gommette collée sur le carnet. Si les pâtés ou l’écriture devenaient trop brouillons, le bon était retiré temporairement. Certains enfants n’utilisaient pas le stylo avant le CE1, d’autres attendaient le CE2.
« 4 couleurs »
Papermate Inkjoy M

Stabilo Fun
Scribolino Faber-Castell
Rouleau à rouleaux Pelikan Griffix
Plume Griffix

Lamy Safari
Stylos à bille
Le stylo à bille doit être tenu assez verticalement pour fonctionner correctement. Incliné comme un stylo-plume, il n’écrit presque plus, la bille glisse sur le papier sans déposer d’encre. Cette contrainte rend la prise et la pression plus compliquées qu’avec un plume ou un roller.
Le modèle « 4 couleurs », omniprésent dans les trousses, gêne la tenue : son large corps pousse l’élève à placer le majeur sur le côté au lieu de le glisser dessous, ce qui bloque la main. Sa mine à bille incite à verticaliser l’outil, ce qui rend l’écriture raide.
Pour un confort de glisse et une bonne prise, les stylos à bille triangulaires comme le Papermate Inkjoy (pointe moyenne) ou le Schneider Slider Edge XB sont de bonnes options. Disponibles en plusieurs couleurs, ils offrent une écriture souple. Le Schneider, selon moi, laisse une trace encore plus fluide. L’idéal est de tester les deux.
Pour les élèves qui gèrent déjà bien leur posture, les feutres fins proposés par Stabilo (Easy ou Fun en 0,3 ou 0,5 mm) conviennent parfaitement. Leur tracé fin aide ceux qui écrivent encore trop gros à gagner en précision.
Les stylos tube comme le Pilot V5 ou le V7 séduisent aussi. Il faudra juste vérifier que l’élève dose bien sa pression, car le tube peut se plier.
Les rollers type Schneider, Faber-Castell ou Pentel trouvent souvent preneur chez les élèves en fin de rééducation. Leur encre liquide associée à une pointe douce procure une glisse agréable et une fluidité recherchée.
Certains rollers sont même effaçables, un détail non négligeable.
En ce qui concerne les stylos à bille effaçables (type frixion ou papermate), ils peuvent parfois convenir aux plus jeunes, mais ils séduisent rarement les élèves ayant eu besoin d’une rééducation.
Les stylos-plume
Le stylo-plume ne doit pas être proposé à un élève qui n’a pas encore acquis le geste d’écriture. Sans une bonne prise et une certaine aisance avec la cursive, l’expérience tourne vite au calvaire. Quand le geste est en place, le stylo-plume devient un compagnon très confortable, et le résultat est souvent plus lisible. Inutile de l’imposer à toute une classe, surtout aux enfants qui peinent déjà avec d’autres outils. Le plume doit rester un plaisir, une sorte d’outil bonus pour ceux qui souhaitent s’y essayer.
Pelikan a conçu un plume pour débutants, le Griffix, pensé pour les enfants du CP au CE2. Les zones de préhension sont nettement marquées, la position des doigts est guidée, et le corps renforcé assure une bonne solidité. Le design, avec un sourire sur le capuchon, plaît beaucoup.
Dans mon cabinet, les stylos Lamy rencontrent un vrai succès. Leur unique bémol : ils fonctionnent avec des cartouches spécifiques, à prévoir lors de l’achat. Les modèles phares sont le Lamy ABC, parfait pour les plus jeunes avec son design bois et plastique très apprécié, et le Lamy Safari, destiné aux élèves plus grands. Le Safari offre une glisse remarquable et une fenêtre pour surveiller le niveau d’encre. Le Faber-Castell Scribolino se distingue aussi, avec des versions pour gaucher et droitier, des hublots pour l’encre, une prise en main intuitive et des cartouches standard. Il peut accompagner l’élève pendant toute la scolarité primaire.
Choisir un stylo, mode d’emploi
Ce panorama des outils d’écriture n’est qu’un aperçu : il existe bien d’autres modèles et variantes.
Dans une salle de classe, il est judicieux de prévoir un pot à crayons garni d’une douzaine de bons stylos, pour que chacun puisse tester et choisir celui qui lui convient vraiment à mesure qu’il quitte le critérium ou le crayon.
Comme pour les lunettes ou les chaussures, ce qui va parfaitement à un élève ne sera pas adapté à un autre. Miser sur un achat groupé de 30 stylos identiques n’a rien d’une garantie de réussite. Offrir la possibilité d’essayer, d’adapter, d’ajuster, c’est laisser chaque enfant trouver son compagnon d’écriture. C’est aussi donner à chacun la chance de renouer avec le plaisir d’écrire, à sa manière, sans contrainte inutile. Au fond, le bon outil, c’est celui qui laisse la main légère et l’esprit disponible.




